benoitsuper en Slovénie: 2005 et 2006 !
Le soleil se leve a travers la fenetre, je vais bientot decouvrir l'afrique:

Ouahhh, c'est beau l'afrique:

C'est marrant, ya du bitume...
Effectivement on est pas a Ouagadougou, on est au Niger, a l aeroport de Niamey !

En fait, c'était une escale normale, et c'était pas la seule:
En s'arretant a Marseille, on a du attendre 2 heures a cause d'une alerte a la bombe dans l'aeroport.
Puis on a pas pu faire de plein de kerosene parce que le vent obligeait a decoller sur une piste secondaire qui oblige a alleger l'avion pour passer au dessus du relief. Donc ona mis qu'un demi-plein, comme dans les mobylettes africaines !
Comme on avait pas assez de carburant et qu'on voulait pas tomber en rade au milieu du désert (c'est quand meme assez grave en avion, parce qu'il y a pas de pédales de secours. Par contre, sur une mobylette...), le commandant a fait une escale a Palma de Majorque (a 03h00 du mat, on a rien vu). Puis on a rejoint Niamey, et enfin, Ouagadougou !





Bon, d'accord, ya quand meme du bitume a cote de l'aeroport de ouaga:

Sur la piste d'aterrissage, on se fait doubler par une mobylette (véridique!), ca met tout de suite dans l'ambiance, malgré les 10 heures d'avion de nuit. Et puis on croise un avion bizarre qui doit pas decoller souvent:

Ca y est, l'avion s'arrete, c'est fini:

On est content d'etre arrivé:

On sort de l'aeronef, et je me prends une bouffée de chaleur par rapport a Ljubljana, a 10h00 du matin il fait dans les 30 degrés ! Il faut ensuite montrer son carnet de vaccination (les croates m'en ont donné un orange alors que tout le monde en a un jaune, mais ca ne surprend meme pas l'officier), puis on remplit les petits papiers d'immigration et on nous fait trainer pour l'adresse précise au Burkina:
"La madame des douanes: - vous allez loger dans quel hotel ?
Mac Fly: - On loge pas a l'hotel, on loge chez Youl !
La madame: - Chez qui ?
Mac Fly: - Chez Gouve, en fait, mais il habite chez Youl !
La madame: - Je comprends rien a ce que vous me racontez !"
Finalement Mac Fly obtient l'autorisation de sortir de l'aeroport pour aller chercher Gouve qui nous attendait la depuis 07h00 du matin et l'adresse finale sera: Youl - Secteur 4 - Dedougou. Ca c'est correct !
Voila, on est dehors, on respire la liberté. La liberté, au burkina, c'est la mobylette. Donc respirer la liberté, ca signifie renifler les odeurs de pots d'échappement en tous genres.
Harnachés avec nos gros sacs pleins de médicaments et de cahiers d'école pour l'association de Gouve, nous nous rendons a pied au bureau de change situé a 100m africains, soit 30 minutes de marche. "En afrique, on n'est jamais seul ". Tout le monde nous repete ca, et c'est vrai. Meme quand on est deja 3 personnes a se balader, il y a toujours 4 ou 5 personnes qui se joignent a nous pour discuter "aaah, mon ami de longue date !", ou vien "Tu veux etre mon correspondant", ou encore "T'aurais pas une piece de ton pays pour ma collection de monnaie, genre 1 euro ou 2 euros ?" ou encore "il me manque 300CFA pour payer mon ordonnance, je suis tres malade, regarde, je tousse". Gouve nous apprend qu'il ne faut rien donner, c'est a cause des touristes qui donnent, que certains africains ont ce comportement.
Mais nos "amis de longue date" sont sympathiques alors on discute pendant tout le trajet jusqu'au bureau de change et on leur repete: "on n'a pas d'argent, desole". En sortant de la banque avec tous nos billets, ils sont encore la. Et c'est a ce moment précis qu'on a l'air con.
Alors meme topo, en sens inverse, pour retourner a l'aeroport ...
Gouve nous dit qu'il faut qu'un de nous deux monte derriere sa mobilette, comme ca on paiera moins cher le taxi, vu qu'il n'y aura qu'un passager. Tout ca pour économiser 500CFA (5Francs francais, 0,75euros) sur une course de 3000CFA (30FF, moins de 5 euros). Des cette premiere conversation, Mac Fly et moi, choisissons notre camp: "non, Gouve, on va pas chipoter pour 5F. On est crevés. On monte a deux dans le taxi et tu montes tout seul sur ta mob. 5F, c'est rien !". C'était notre premiere prise de position en Afrique, et c'est la que tout a commencé: A partir de maintenant, nous ne sommes plus des baroudeurs, mais de simples touristes qui claquent leur argent en afrique, pour Gouve. Effectivement, 5F, c'est moins de 1 euro. On fait pas grand chose avec ca en France ou en Slovénie, mais en afrique, c'est largement suffisant pour manger 2 bons repas copieux a la terrasse d'un restaurant... PREMIER CHOC !
Finalement on monte dans le taxi a deux,

et je filme allegrement les environs:



Gouve nous suit sur sa mob:

Notre chauffeur, Jérémy, est tres sympa. Mais quand il conduit, il tourne la tete dans tous les sens. On se demande si il voit clair. Comme il a pas de retro a l'interieur de la voiture, c'est normal. Mais au fur et a mesure que l'on s'insere dans la circulation de Ouagadougou, on comprend pourquoi il faut etre aussi attentif ! Des mobylettes partout, et des vélos et des 4x4 et des anes qui tirent des charettes, et des bus surchargés... OK, c'est clair qu'il faut etre spécialement attentif et bien réveillé pour conduire la dedans.
Peu apres, Jeremy nous explique qu'il faut pas avoir peur, on est dans une voiture francaise: "ca vient de chez vous!", comme il dit. Vu de dehors, on n'avait pas reconnu le modele de la voiture. Puis, en voyant la marque, on n'est pas plus rassurés:

Puis Jeremy nous donne sa carte de visite en nous informant qu'il peut aussi nous la louer. Vu le temps de réaction du systeme de freinage quand il appuie sur le frein, on pense que c'est pas un cadeau, sa voiture. On se rendra compte plus tard, que finalement elle etait pas si mal.
Finalement, Jeremy avour qu'il ne connait pas la route jusqu'a notre premiere destination, donc c'est Gouve qui passe devant. On quitte le bitume pour se retrouver sur un espece de sentier dans un quartier assez triste, mais tres fleuri et tres peuplé.

La voiture a du mal a suivre la mob, entre les nids de poule et les tas d'ordures:

Et voila, apres avoir bloqué la roue arriere-gauche avec un caillou de la taille d'un ballon de foot. Jeremy le réduit en petits morceaux a l'aide de la manivelle du cric de voiture (!). Nous arrivons a destination, Chez Mama et ses 10 enfants (en fait, certains sont des cousins ou des voisins, et sont juste ici pour les vacances scolaires):
Lui, c'est Habim:

Et elle, c'est Anna:

La maison est simple, mais fraichement construite et bien équipée, par rapport aux maisons du quartier. Elle dispose de l'électricité, d'une télé-couleur, d'un réfrigérateur, d'un congélateur et d'un ventilateur (qui nous parait comme un luxe, mais qui nous manquera souvent, dans la suite du séjour):

Dans la partie gauche de la cour, on dispose d'un robinet d'eau (potable uniquement pour les habitués -meme Gouve ne la boit pas !-)

Dans un autre coin, on trouve la salle d'eau et les cabinets:

On fait également connaissance avec les poules et leurs poussins qui se baladent partout:

Et enfin, cote droit de la cour, on s'installe dans le batiment qui nous accueillera pour ces 3 nuits (a l'ombre de l'arbre, on peut distinguer la chevre):

Maintenant qu'on est bien installés, on grignote un petit déjeuner: baguette-beurre dans du lait sucré déconcentré. Gouve nous a fait croire qu'il vivait comme un africain, mais en fait, il ne se refuse pas des petits déjeuners a l'occidentale: Le pain, c'est de la baguette toute fraiche meilleure qu'en slovenie, le beurre c'est importe de france et le lait concentré sucré, c'est des produit s d'aide humanitaire détournés et revendus a la supérette...
Allez hop, on perd pas de temps, on veut visiter l'afrique, donc on sort faire un tour du quartier a pied:

Pas de doute, on a notre dose de dépaysement:

Vu d'ici, la France et la Slovénie c'est la meme chose:

C'est pas un reve, on y est pour de vrai !:

Au retour, on passe par le vidéo-club, centre culturel du quartier, qui passe 1 film par soir, sur une petite télé posée sur la table en bois:

En fin de journée, tout le monde se pose sous l'arbre pour discuter en famille:

La dessus, Gouve veut nous emmener en mobylette (a 1km africain de distance) au centre culturel francais pour la projection d'un film sur je ne sais plus quelle révolution d'un pays lointain. On dit STOP, ca ira pour aujourd hui, on monte la moustiquaire et on se couche, avec les poules...