benoitsuper en Slovénie: 2005 et 2006 !
Si on essaie de faire la liste des points d'intéret du Burkina, on est vite décu, parce qu'il n'y a pas grand chose a vendre au tourisme de masse: des reserves naturelles, des chutes d'eau, des baobab, des hippopotames dans des rivieres, pas vraiment de musée et un festival de cinema tous les 2 ans.
Clairement, on n'est pas venus pour bronzer au bord d'une piscine (pourtant on en a trouvé une et ca nous aurait fait du bien):

On peut pas dire non plus qu'on soit venu pour une mission humanitaire, mais on a quand meme emporté 10kg de médicaments récupérés dans les pharmacies, pour le dispensaire de Gouve. On est d'abord venus pour rendre visite a Gouve et surtout pour découvrir sa facon de vivre, de maniere intégrée a différentes familles burkinabe.

"...à Dédougou, on m'appelle le « tubabu wari te » cad le blanc sans argent, tout simplement par ce que je ne m'habille pas en costard comme tous les riches blancs de la ville et surtout parce que je marche souvent et que je refuse d'investir dans une mobylette..." Gouve, par mail, février 2006.
Grace a Gouve, on a pu s'intégrer a une famille africaine, des le soir de notre arrivee a Ouagadougou. Et comme ce sont les vacances scolaires, ya du monde partout, tout le temps.
Mama, institutrice, est également en congé:

Draman, le bon pote de Gouve, est un neveu de Mama, mais c'est elle qui prend en charge ses études a Ouagadougou. Il est notre guide privilégié:

Une petite voisine du quartier, qui passe aussi ses journées chez Mama:

La deuxieme fille de Mama:

Puis Anna, la petite derniere, qui est toujours aussi amusée par notre venue:

Tres timide, mais tres curieuse, elle nous suit partout et elle nous apprend plein de choses. Par exemple, elle m'explique que la dame qui est debout dans la cour, qui ne bouge pas et qui ne répond pas quand on lui parle, je ne dois pas l'appeler "madame", mais "la folle":

En fait, la fameuse "folle" est une dame du quartier qui a certrainement de réels problemes psychiatriques, mais qui n'est pas méchante. Elle est arrivée ce matin, pour demander a Mama, notre mere de famille, si elle pouvait utiliser les toilettes de la maison. D'apres Mama, elle vient souvent et ils ne l'autorisent pas sinon elle reviendrait a chaque fois. Et pour la faire fuir, au lieu de la forcer a partir, Mama nous a demandé de sortir, comme ca la folle aurait eu peur de voir 3 blancs ! Mais finalement, la folle est restée presque toute la matinée, puis elle est rentrée chez elle.
Ici, les fous sont intégrés a la société. "Ils ont meme leur propre masque traditionnel", comme dit Gouve. A défaut de centres de soins ou d'enfermement, ils vivent comme tout le monde, dans le quartier. Chaque village a son, ou ses fous. A Tcheriba, c'est un garcon, plutot jeune, qui est toujours a l'arret de bus et il serre la main a tout le monde:

A Dedougou, c'est un homme étrange, tout noir et tout barbu, qui reste jour et nuit, allongé dans le tas d'ordure pres de la gare routiere. Il n'est pas dangereux, mais il peut faire peur quand on rentre a pied, sans lampe de poche et qu'on l'entend marmoner dans le noir. D'apres Gouve, il n'est pas malheureux, parce que les gens du quartier lui donnent a manger régulierement des mangues... l'histoire est néanmoins surprenante !
Ce matin, Gouve emmene MacFly a l'hopital francais pour avoir un avis médical sur l'état de son tube digestif, avant de quitter la capitale demain. Pendant ce temps la, j'ai prévu une activité cuisine:

J'ai demandé a Orokia, la plus grande soeur, de m'apprendre a cuisiner 2 spécialités africaines dont j'ai deja beaucoup entendu parler, mais que je voudrais apprendre a faire en détails.
Il s'agit du "jus de gingembre" et de l'"alloko".

Les autres filles tiennent la camera pour filmer la recette:

Je ne revele pas les secrets culinaires tout de suite. Il faudra attendre que je finisse la vidéo pour que tout le monde découvre l'alloko...
Apres notre bon repas, nous sortons les mobylettes,

et nous les enfourchons en direction du centre-ville:

Slalom entre les voitures et les autres mobylettes:

Enfumage assuré, à chaque passage du feu rouge au vert.

On achete les billets de bus pour demain (PS: contrairement a l'affiche, les cars ne sont pas vraiment climatisés. Disons que les fenetre s'ouvrent, quoi):

Et Gouve s'évertue a faire inscrire les surnoms de chacun, pour faire une surprise a la pitchoune, a Vali-valo et a karl marx (qui nous rejoignent ce soir), lors de l'appel a al montée dans le bus:

Il est 18h, le soleil se couche, et quelques nuages font leur apparition en fin de journée, alors qu'on a prié pour qu'ils viennent nous faire un peu d'ombre ce midi, quand il faisait 42 degrés, mais rien n'y faisait:

Puis, Gouve et surtout Draman ont tenu a nous faire voir la tombe du capitaine Thomas Sankara, révolutionnaire marxiste qui a dirigé le pays entre 1983 et 1987, a l'origine entre autre, du changement de nom du pays, préférant BURKINA FASO (littéralement "patrie des hommes integres"), a la place de HAUTE VOLTA. Il fut assasiné en 1987 lors du coup d'état de Blaise Campaore, président actuel qui continue de se faire ré-élire a coups de détournements d'argent public pour financer ses campagnes électorales (distributions de t-shirts, organisation de festins dans les villages et cadeau de 1000CFA en échange des bulletins de vote de ses concurrents...)

Sa tombe se trouve dans un cimetiere public abandonné, on y accede en slalomant entre les tombes avec la mobylette.
Draman insiste pour que je le prenne en photo devant la tombe:

Maintenant qu'il fait nuit, on retourne a la maison. On regarde le programme du fameux ciné-club:

La pochette du DVD de la soirée est déposée dans une petite armoire, on peut y glisser les doigts pour la retourner et lire le résumé du film:

Valentin, Chantal et Anthony arrivent par l'avion Air France de ce soir. Mac Fly se dégonfle pour aller les chercher en mobylette a 23h. Et moi aussi, donc Gouve y file avec Draman, et vont recuperer la peugeot 205 de Tankien pour transporter les sacs. Demain matin, on se leve a 07h00 pour prendre le bus !