benoitsuper en Slovénie: 2005 et 2006 !
Ciao Samuel, et répare ta poche pour pas perdre mes clés !
On démarre pour Sarajevo a 10h, le coffre remplis de matos de camping : tente, popote et PQ.
On passe les frontières sans soucis, un seul demi-tour a Zagreb. Puis soudain, la Bosnie.
Enfin un vrai pays de lest !
Tout le monde dans la rue, a pied au bord des routes ou en vélo sans freins, lambiance contraste avec les pays occidentaux voisins. Les routes sont doublées, de part et dautre de la chaussée, despèce de grands trottoirs en terre poussiéreuse. Des habitations récentes qui paraissent dun autre siècle, sétalent tout le long de cette artère majeure du pays, qui mène a Banja Luka au plus court, daprès viamichelin.com (on apprendra quil existe une RN qui nous y aurait menés a plus de 60km/h).
Banja Luka, capitale de la république serbe de Bosnie. Des serbes ailleurs quen Serbie me direz vous ? Oui, telle est la yougoslavie. Les populations étant tellement mélangées au sein de lancien pays, le découpage des frontières en pays mono-culturels fut impossible à la fin de la guerre. Il existe donc un pays qui sappelle la SERBIE MONTENEGRO, que je nai pas encore visité, et un pays qui sappelle la BOSNIE HERZEGOVINE, dans la quelle il existe 2 républiques : la république bosniaque et la république serbe de bosnie. Banja Luka est la capitale de cette toute dernière, et Sarajevo est la capitale de lautre.
On se rend compte du malaise qui continue dexister au sein du pays, quand on demande la route de Sarajevo au pompiste serbe et quil nous indique la direction opposée.
Rien que le fait de ne jamais flécher Sarajevo autrement quen alphabet cyrillique, montre leffort des serbes a faciliter les échanges entre les deux républiques. (on a la même chose a Lille, quand il faut suivre les flèches « Rijsel », outre Quievrain. Sauf que cest pas facile de comprendre lalphabet cyrillique et encore moins de demander son chemin quand personne ne parle anglais et quon ne sais pas prononcer les symboles délirants. Dans ces cas la, je remercie Marjana de mavoir appris les rudiments du dialecte yougoslave, ce qui me permet daborder les autochtones conformément à la politesse locale : « Dober dan, kje je Sarajevo molim, hvala, ajde »)
La suite de la route, nous fait longer une rivière-dépotoir sur 300km, bordée de sachets plastiques en continu. La campagne se compose de ruines a pertes de vue et de panneaux réccurents : « attention aux mines ». La route est rainurée sur 150km, on a limpression de rouler avec 4 pneus creuvés, cest pire que lautoroute Dunkerque-Lille. Les tunnels en zigzag ne sont pas éclairés du tout, on y avance en aveugle. Des blocs de pierre de la taille de ballons de foot, fraichement tombés de la falaise, génèrent un ballet amusant des voitures qui dribblent entre eux. Enfin, le clou du spectacle fut lanimation hollywoodienne : un éboulement de terrain non balisé, qui recouvre la moitié de la route, nous bloque le passage a la sortie dun virage sans visibilité :
et ce tunnel ci, va-t-il tourner à gauche ou à droite ?:
En tout cas, tout le long de la route, on a pu voir des ruines, à gauche et à droite:

On arrivera à Sarajevo dans la soirée après 7h de route, puis entrée à lauberge de jeunesse sur les télé-conseils de Mathias. La visite du dortoir après avoir payé nos 10 euros individuels, a leffet inverse du sauna, sur Sophie et Antoine. Nous nous enfuyons en courant et manquons de repartir à Novo Mesto, mais Mathias nous rappelle sur mon téléphone pour nous dire de revenir : ils nous attendent dans lautre dortoir, celui qui a des fenêtres et qui sent pas la toxoplasmose.
Nous faisons demi-tour avec la voiture et tournons dans Sarajevo pour retrouver lauberge. Un policier nous arrête et nous prend ouvertement pour des cons, avec notre plaque slovène. Je sors mon plus beau parler bosniaco-slovene, je sors mes papiers puis je sors de la voiture. Sophie et Antoine enclenchent la fermeture centralisée des portes pendant que jessaie de me faire comprendre auprès de la corruption locale, à laide de gestes. Il semble que jaie commis une infraction a 40euros, une histoire de ligne de tramway qui tourne a gauche et de moi qui tourne a droite. Je tourne ma langue sept fois dans ma bouche et Antoine manque de tourner de lil. Sophie me sort un billet de 20euros, le flic me fait un dessin et essaie de négocier mon amende a 30euros, je tends le billet de 20, il semble satisfait. Marché conclu, jai fait une affaire ! Sauf que je nai aucun reçu, aucune amende, je viens de comprendre quon a été victimes dune énorme arnaque, mais au moins on est libres. Mais une chose est sure : Le tourisme réalité, on est en plein dedans. On décide de garer la voiture dans lauberge, on ne la sortira que pour repartir, 2 jours après.
On retrouve Mathias, Florent, Caro et Néphélie dans leurs lits superposés. Il en reste 3 pour nous, le stress retombe. On discute, on papote, on mange un cevapcici dans un resto vide, on retient leurs bons plans pour le lendemain et on passe une très bonne nuit, dans des draps plus propres que chez moi, en face de la mosquée principale :