benoitsuper en Slovénie: 2005 et 2006 !
9h00: apres une bonne nuit dans notre dortoir francophone, nous nous mettons en route pour prendre le petit déjeuner avec les autres francais plus un couple d'allemands en sandales. Nous logeons en plein centre de Sarajevo, donc les terrasses de café sont en face de notre auberge. Pour eviter de nous embrouiller une seconde fois avec les forces de l'ordre (ou du désordre), nous attendons patiemment que le bonhomme du passage piéton soit vert pour traverser la rue. (comme a Ljubljana).
Café turc et patisseries bosniaques, au soleil:
Pour 3,30F, on a droit a une mini cafetiere avec du café broyé-fin-mais-pas-filtré, une mini tasse sans poignée, un loucoum bien moelleux et un verre d'eau du robinet de sarajevo. Plus la patisserie aux noix au meme prix, ca fait le petit dej' a 1euro, que du bonheur.
Retour a l'auberge pour dire "ajde" a nos amis francais qui partent pour la cote croate ce matin. Cette deuxieme arrivée a l'auberge, sous les rayons du soleil levant, nous laisse entrevoir des détails de l'architecture du batiment qui nous avaient échappés la veille: comment la balustrade du balcon arrive-t-elle a supporter le poids de la charpente ?:
Ca restera un mystere...
Encore plus surprenant, ce petit panneau sur la porte d'entrée de la salle de bain. Je vous laisse traduire:
Ca y est, nous sommes tous les 3 propres et prets a démarrer notre journée de visite. Cap sur la grande mosquée, celle que l'on voit depuis notre balcon. La visite guidée coute 1euro, pret du foulard compris pour sophie. Explications de tres bonne qualité, en anglais parfait. Réponse a toutes nos questions. On a meme le droit de sortir l'appareil photo:
C'etait la premiere fois que l'on rentrait dans une mosquée. Les décorations sont magnifiques: des couleurs pastelles sous la coupole et des tapis aux couleurs chaudes sous nos pieds déchaussés.
Nous sommes emballés par l'état de conservation d'un tel monument historique, au milieu des immeubles criblés de traces de balles que l'on croise a travers la ville, comme celui ci:
On flirte avec le climat d'insécurité qui regne encore sur la ville, a chaque fois que l'on tombe sur les soldats de l'Union Européenne dans leur jeep badgées EUFOR:
Nous continuons notre errance le long de la Bačičerija, la rue principale. Puis, soudainement, le pavage de la rue se transforme. Derriere nous se trouve la partie turque de la rue, avec un sol en gros pavés irréguliers alors que devant nous se profile un pavage plat et aligné, et des façades blanches et propres. Nous venons d'entrer dans le Sarajevo occidental. Plus de mosquées, mais des églises catholiques et orthodoxes:
Catholique avec une vierge marie et une rosace au dessus du porche, et orthodoxe avec un clocher en rondeurs et des croix courbées.
Et au détour d'une rue qui sentait bon la cannelle, nous tombons meme sur une synagogue:
En 10 minutes de marche, nous venions de faire le tour du monde des religions: c'est ça Sarajevo.
Jeu d'échec géant au hasard d'un square:
Déjeuner dans un resto sympa au bord de la riviere. L'ambiance "estaminet des flandres" nous plait bien:
et le burek est bien meilleur qu'a Novo Mesto:
Le "kislo mleko" est bien plus kislo qu'au mercator slovene, et, servi dans un bol en terre cuite, je ne peux qu'apprécier la moisissure jaune qui flotte a sa surface...
Ce fut bien typique et rafraichissant.
La suite de la journée prendra la direction du tunel de Sarajevo. On nous a dit de nous y rendre en tram. Comme ca on peut laisser la voiture ou elle est, on risquera pas de croiser les flics. Le tram passe au milieu de ce qu'on appelait la "sniper alley" pendant le siege de Sarajevo: une 2 fois 3 voies avec un terre plein central, qui traverse la ville tout en long. Les tireurs d'élite serbes, postés sur les collines qui entourent la cuvette de Sarajevo, faisaient feu sur toute personne qui tentait de traverser ce no man's land.
Dans le tram tout rouillé, je parviens a saisir la scene d'une fillette qui transporte un symbole d'espérance: une fleur de printemps.
Ainsi que le portrait moins glorifiant d'un bosniaque en treillis militaire récupéré:
Nous finissons le trajet jusqu'au tunnel dans un taxi, que nous avons réussi a négocier a 3 euros, au lieu des 10 euros qu'on nous réclamais au départ. Tous les taxis sont des golfs des années 90.
La visite du musée comporte un film simili-amateur de 20 minutes sur le siege de Sarajevo, puis une exposition d'objets qui ont servi a construire le tunnel, puis une passage dans un morceau tres restreint: 10m sur les 800m d'origine. Mais le plus intéressant, c'est la discution que nous avons pu avoir avec le guide. L'avis subjectif d'un bosniaque sur la guerre, sur l'état actuel des relations entre serbes et bosniaques et aussi l'avenir de la Bosnie vis a vis de l'europe. Nous sortons de la visite avec une nette impression que les problemes ne sont pas tous réglés, et que le pays n'a malheureusement pas fini de souffrir...
Photo souvenir devant la façade du batiment:
Photo de Sophie et Antoine, en fuite dans le tunnel:
Notre balade de fin de journée se fera sur une des collines qui surplombent la ville. Vision déconcertante de l'étendue du cimetiere musulman qui ne compte que des tombes gravées de 1993 a 1997:
La soirée se passera autour d'un double kebab, d'une 3monts et d'une Duvel, en compagnie des 2 allemands du matin, de 2 néo-zélandais et d'une caricature de New-yorkais qui nous annonce avoir visité l'intégralité de Sarajevo en 1 journée, visite de la brasserie comprise.
Douce nuit a 3 dans le grand dortoir vide.